Ardi a été découverte morceau par morceau entre 1992 et 1994 en Ethiopie mais ne révèle tous ses secrets qu'aujourd'hui. Selon les chercheurs, elle vivait il y a 4,4 millions d'années, détrônant ainsi Lucy et ses 3,2 millions d'années.
Un peu plus proche du chaînon manquant
Si les scientifiques sont enthousiastes, c'est qu'Ardi les rapproche un peu plus du Graal: le supposé ancêtre commun de l'homme et de certains singes d'aujourd'hui comme les chimpanzés ou les gorilles. Ils estiment qu'il aurait vécu il y a quelque six millions d'années.
Après la découverte de Lucy, dans la région de l'Afar, en Ethiopie, les paléo-anthropologues espéraient trouver l'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé, en se fondant sur les très grandes similarités génétiques entre les deux.
Surprise
Mais le squelette d'Ardi, découvert à 72 km de là, ne corrobore pas cette attente, note Tim White, professeur au Centre de recherche sur l'évolution humaine de l'Université de Berkeley, l'un des principaux auteurs de cette vaste recherche. Ardi, en «nous rapprochant comme jamais auparavant de l'ancêtre commun des singes et de l'homme, nous permet vraiment d'imaginer ses traits», relève-t-il. Or «cette créature est en fait une mosaïque intéressante, ni chimpanzé ni humain», poursuit le chercheur.
La conclusion «surprenante» des analyses des caractéristiques biologiques et morphologiques d'Ardi est que les grands singes africains et les humains ont suivi des chemins très différents depuis leur séparation après leur dernier ancêtre commun, rendant difficile d'imaginer ce dernier et de comprendre l'évolution humaine, relève Tim White.